Chaque année en France, les chutes des personnes âgées de 65 ans et plus provoquent des centaines de milliers d’hospitalisations et constituent la première cause de mortalité accidentelle dans cette tranche d’âge. Et contrairement à une idée reçue, la grande majorité de ces accidents ne surviennent pas dans la rue, mais à domicile. La prévention passe par l’activité physique adaptée, la révision des traitements ou le suivi de la vue, mais aussi, très concrètement, par l’aménagement du logement.
L’escalier, zone à risque numéro un
Marches intérieures, perron, seuil surélevé : les dénivelés concentrent une part importante des chutes graves. Troubles de l’équilibre, baisse de la force musculaire, hypotension, vertiges ou effets secondaires médicamenteux transforment chaque montée en prise de risque. S’installe alors un cercle vicieux bien connu des soignants : la peur de tomber conduit la personne à limiter ses déplacements, cette restriction d’activité accélère le déconditionnement physique, qui augmente à son tour le risque de chute. Éviter l’escalier n’est donc pas une solution : c’est souvent le début de la perte d’autonomie.
Aménager plutôt que restreindre
Les premières mesures sont simples : éclairage renforcé, mains courantes des deux côtés, suppression des tapis et nez de marche antidérapants. Mais lorsque la mobilité est trop réduite, ou que la personne se déplace en fauteuil roulant, ces ajustements ne suffisent plus. Des équipements techniques prennent alors le relais : la plateforme élévatrice permet de franchir des marches ou un étage sans effort et sans transfert, en fauteuil, avec un déambulateur ou debout. Il en existe des versions mobiles, sans travaux, qui sécurisent un perron en quelques minutes, une réponse utile aussi pour les cabinets médicaux, salles associatives ou locaux communaux dont l’accès n’est pas encore adapté. Selon la configuration et la hauteur à franchir, d’autres solutions d’accès PMR comme les rampes complètent l’éventail des possibilités.
Un repérage qui mobilise soignants et entourage
Le domicile fait partie intégrante du parcours de santé. Médecin traitant, infirmier, kinésithérapeute ou pharmacien sont souvent les premiers à repérer les signes de fragilité et à orienter vers une évaluation du logement, idéalement avec un ergothérapeute. Pour la mise en œuvre, des entreprises spécialisées dans l’accessibilité comme Handicap Accès réalisent l’étude des besoins et les devis nécessaires aux demandes d’aides financières, MaPrimeAdapt’, APA ou soutiens des caisses de retraite peuvent réduire sensiblement le reste à charge.
Prévenir la chute, préserver l’autonomie
Adapter un logement n’est pas un aveu de dépendance : c’est au contraire l’un des gestes de prévention les plus efficaces qui soient. Un escalier sécurisé ou rendu franchissable, c’est une personne qui continue de bouger, de sortir, de vivre chez elle, et autant d’hospitalisations évitées. Un enjeu de santé publique qui se joue, d’abord, au pas de la porte.

Passionné par le monde de santé, Laurent aime explorer et transmettre. Convaincu que le partage est essentiel. Raconte ici son expérience.




